jeudi 28 février 2013

On reparle d’Hazebrouck, en bien cette fois !



Ce matin, dans La Voix du Nord, un article intitulé « On en parlera » a attiré mon attention et j’en parle tout de suite !

 Nous découvrons une brillante idée de l’un de nos décideurs hazebrouckois. C’est quand même assez rare pour en parler.

Je vous soumets l’idée : comment pouvoir utiliser une voiture sans la payer tout en faisant payer les autres pour la voir passer et en devenant écolo !

En fait, cela serait un kangoo électrique toute décorée de pub des pieds à la tête pour les commerçants et artisans qui voudraient bien  au minimum mettre 1 000 euro pour la plus petite pub.
Exemple :


N’est-il pas vrai qu’Hazebrouck sera active et attractive ?

Il fallait le faire et…il est en train de voir si certains sont intéressés. « Il », vous n’allez pas trouver, ce n’est pas notre grand argentier, ce n’est pas notre adjoint vert qui ne semble pas avoir beaucoup d’idée sur Hazebrouck mais c’est celui qui apporte sa petite touche personnelle lors des conseils municipaux, celui qui s’occupe des rues et des trottoirs etc. enfin, un homme qui a du tempérament et après la lecture de l’article vous le surnommerez « l’homme orchestre ».
Les détails dans le journal. Après tout, je vais aussi essayer de gagner de l’argent en faisant de la pub pour le canard en question.
Bien sûr, cela ne résoudra pas le problème de la circulation et du stationnement à Hazebrouck ainsi que celui de la pub que l’on trouve à tous les coins de rue mais c’est un début.
Évidemment, il y en a qui vont devoir « cracher au bassinet » comme d’habitude. Ce sont les artisans et commerçants d’Hazebrouck qui se sont vus déjà passer sous le nez des marchés confiés aux multinationales (Suez, Véolia…) mais qui vont pouvoir, pour un minimum de 1 000 euro, se faire de la pub sur ledit véhicule électrique.
Après tout, ce qui compte, c’est le paraître, pour le reste, on ne veut pas le savoir.
Voilà un décideur bien placé pour les futures élections municipales de 2014.

samedi 9 février 2013

Cumul des mandats et cumul des promesses non tenues

Pendant que l’on parle du mariage pour tous, notre Président « normal » a décidé que ses copains devaient garder leur poste  le plus longtemps possible de peur de ne pas être réélus et, pour tous ceux qui attendaient après la place, quelle déception !!! (J’en connais !!!)



Et pourtant, Le cumul des mandats est certainement l’une des pratiques les plus anciennes et l’une des plus néfastes puisqu’elle verrouille l’accès à des postes de décideurs dans les mains de quelques-uns.



Comment voulez-vous après ça parler de démocratie ? Ce serait plutôt une oligarchie !



Notre « démocratie » parlementaire présente  vraiment une faiblesse importante puisque les députés et sénateurs votent les lois, y compris celles qui s’appliquent à eux-mêmes et ne peuvent s’empêcher de préserver leurs intérêts. C’est humain après tout. Charité bien ordonnée commence par soi-même ! Dans le domaine public, ça s’appelle « être juge et partie », « conflit d’intérêt » enfin aux yeux de certains seulement…



Ça me rappelle qu’à Hazebrouck, en 2008, nos édiles ont pris, dès leur prise de pouvoir, une première décision en conseil municipal, celle de s’augmenter et pas qu’un peu ! Avez-vous entendu une opposition quelconque à ce projet à l’époque ?



Ça s’appelle toujours « être juge et partie ».



Une autre cause au cumul serait  la nécessité d’avoir un poste « parachute » en cas de non réélection.

Pourtant, une telle mesure existe déjà pour les parlementaires qui, si je ne me trompe, touchent 100% de leur indemnité pendant 2 ans en cas de non réélection, puis 50% pendant 4 ans.
La « sagesse du législateur » a donc considéré que la fonction de député est comparable à un CDD tellement risqué qu’après 6 ans de travail, on a droit à 2 de plus payé comme si on travaillait et 4 encore à moitié… Bref, tout ce qui est demandé à des chômeurs ordinaires. 


Je note par ailleurs qu’autant le « mariage pour tous » (qui ne concerne pas du tout M. le Président) est une promesse à tenir d’extrême urgence en tâchant d’éliminer tout débat, alors que le cumul des mandats, lui, pourrait attendre 2017, histoire de ne pas trop pénaliser les copains…



En conclusion, la défense du cumul des mandats peut donc s’analyser à 50% pour des raisons pécuniaires directes (cumul des indemnités et avantages divers)  et pour 50% pour la possibilité de corruption par verrouillage des pouvoirs concurrentiels.



De même qu’une police unique serait plus facile à corrompre, de même un potentat communal, au conseil général, au département, et national. Bien sûr, c’est impossible, ce n’est qu’un cas de figure !



Mais dans l’immédiat, et pour une fois ce ne serait pas une réforme coûteuse, il faudrait  que chaque élu ne reçoive d’indemnité que pour une fonction élective ou administrative et une seule. A lui de la choisir, bien sûr…



Puisqu’il faut faire des économies, faisons-en tout de suite !



On est vraiment  pris pour des pigeons !!!


jeudi 7 février 2013

« Tomber des nues et Mariage à l’assemblée »


Dans La Voix du Nord d’aujourd’hui, un lecteur qualifie de « stérile » les longues nuits passées à l’Assemblée nationale concernant l’adoption de la loi sur le mariage pour tous !

Et c’est vrai, comment peut-on passer autant de temps sur ce sujet alors qu’il y a tant de problèmes dramatiques à résoudre ?

Rien qu’à Hazebrouck par exemple ces jours-ci :

Notre premier magistrat tombait des nues hier en apprenant la création de l’association des « Mal logés de l’Houtland »*très en colère  et le désir de ses membres de le rencontrer. En plus, ils ont eu l’audace de rappeler l’immolation de Tassadit Menni que les journaux ont vite oubliée.

C’est vrai que, par expérience personnelle, si vous pensez recevoir  une réponse à une lettre adressée  à notre premier magistrat, vous ne l’obtenez pratiquement jamais !

A croire que nous avons un maire uniquement pour la gentry (les notables  hazebrouckois ou ceux qui pensent en faire partie, vous savez ceux qui assistent aux inaugurations de toutes sortes).

La dernière dont les journaux nous ont rabattu les oreilles était  le nouvel éclairage réalisé par une multinationale. (11 millions d’euros pour l’instant selon notre Grand Argentier)

Alors, bien sûr, les problèmes de logement des plus démunis, les problèmes de circulation, de ramassage de poubelles, d’inondation etc. c’est d’un commun !

 Et puis, argument suprême et imparable : ça coûte cher et il faut faire des économies.

*Pour une fois, c’était un article de l’Indicateur des Flandres

mardi 5 février 2013

Un nouvel éclairage public a été inauguré à Hazebrouck ce 31 janvier en grande pompe



Une centaine de personnes (ce qui fait peu si l’on compte déjà les membres du conseil municipal et les personnes de la Cofely Ineo) était venue à l’inauguration de ce nouvel éclairage et a pu admirer, parait-il, l’église saint- Eloi élégamment mise en valeur. C’est grâce au partenariat public-privé signé avec Cofely Ineo du groupe GDF Suez.

« Des armoires électriques vétustes, des candélabres vétustes, des lanternes obsolètes » tel était le constat dressé en 2009. », pouvait-on lire dans La Voix du Nord.

Le montage du partenariat pour la rénovation et la maintenance pendant 15 ans semblent intéressants pour le conseil municipal (élus et opposition réunis) et pourtant cela va coûter 11 millions à la ville. Au départ ? Des loyers par la suite ? On ne sait.

Le but étant de diminuer de 40% la consommation d’énergie de la ville. Cette politique s’intégrant dans une démarche de développement durable.

Les premiers retours que j’ai reçus, c’est que l’éclairage n’est pas fameux et pourtant, il y a à Hazebrouck des endroits où il vaut mieux ne pas se promener le soir, surtout si on est une femme ! On va me rétorquer que ce sont des ampoules à leds et qu’on ne peut pas tout avoir !
Mais je vous répondrais qu’il y a led et led, c’est bien sûr une question de prix !

Cependant, ce  qui m’inquiète le plus, c’est cette histoire de PPP.

D’abord, de quoi s’agit-il ?

Même si le sujet n'est pas aussi médiatique que la crise de l'Euro, la décennie qui vient s'annonce placée sous le signe des "partenariats public-privé", qui se déclinent sous le doux acronyme de PPP aussi bien en Français qu'en Anglais, ce qui est bien agréable pour les traducteurs. Et des deux côtés de l'Atlantique, politiciens et économistes "mainstream" ne jurent que par ce "nouvel" outil de management de l'investissement dédié à l'intérêt général. Trains, éoliennes, aéroports, immobilier public... Rien n'échappe plus, désormais, aux PPP.
Une  très intéressante émission « Pièces à conviction » du mercredi  17 octobre 2012  sur France 3  avait abordé ce phénomène de mode avec les grands travaux publics pour en révéler la face cachée et elle était intitulée « Grands stades, hôpitaux, bâtiments publics : la vraie facture». Je vous en livre le résumé :
Pourtant, il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’État ni dans celles des collectivités locales. Alors comment finance-t-on ces grandes infrastructures publiques ?
Il existe depuis 2004 une solution miracle : les PPP, pour « partenariat public-privé ». L’État et certaines collectivités locales confient le financement, la construction, et l’exploitation de leurs équipements à une entreprise privée. La formule est séduisante : il n’y a rien à payer avant l’inauguration. Et l’addition est indolore à court terme car les loyers sont étalés sur 30 ou 40 ans. Depuis 2004, 961 partenariats public-privé ont été signés en France pour un montant de 41 milliards d’euros.
L’enquête de Pièces à conviction nous révélait la face cachée de ces contrats entre les acteurs publics et les géants du BTP : clauses dissimulées, imprévus à la charge des collectivités, et coût final qui, parfois, explose. Si cette formule est une excellente affaire pour les entreprises privées, elle peut vite devenir un piège pour les finances publiques et donc pour le contribuable ».
Déjà, cela permet d'aller plus vite. Ou encore de monter des projets complexes, surtout pour des collectivités qui n'ont pas forcément l'expertise technique pour le faire. Mais le véritable atout de ces PPP, c'est qu'ils permettent de « planquer » de la dette sous le tapis : car un loyer n'apparaît pas sur la ligne « endettement » d'un bilan. Pratique pour un élu qui s'est engagé à ne pas endetter sa commune, ou pour l'État qui doit réduire le poids de son endettement.




Le journal « Le Parisien » en date du 9 janvier 2012 nous en donne la définition la plus claire :
       Inventé au Royaume-Uni au début des années 1990, le partenariat public-privé (PPP) n'a fait son apparition en France qu'en 2002, quand le gouvernement a confié au secteur privé la construction de prisons ou de gendarmeries. Le recours au privé pour financer des projets d'intérêt public a toujours existé, comme les concessions qui attribuent la gestion d'équipements pendant une certaine durée, ou les baux emphytéotiques (bail immobilier de très longue durée, le plus souvent 99 ans).
La particularité du PPP, dont le nom officiel est « contrat de partenariat », réside dans le fait que le privé finance lui-même le projet, le construit et l'entretien en échange d'un loyer. Par ailleurs, il est conçu en partenariat avec le donneur d'ordres public, alors que dans d'autres types de contrats, comme la concession ou la délégation de service public, l'État ou la collectivité impose son cahier des charges.
Certains me diront que je devrais au contraire me réjouir de l'extension des PPP, puisque grâce à cet outil, l'état (ou les collectivités locales), au lieu d'assumer seuls les risques inhérents à certains investissements publics, créant de facto de nouveaux monstres nationalisés, favorise l'émergence d'entreprises à la gestion privée pour remplir des « missions » autrefois dévolues au vieux service public vermoulu et notoirement peu efficient et donc applaudir des deux mains notre génial gestionnaire hazebrouckois en ce qui nous concerne !!!

N’étant qu’une citoyenne lambda, j’ai préféré me référer à des spécialistes tous azimuts sur le sujet et ce n’est pas triste !!!

« Malgré la crise qui plombe les finances publiques depuis 2008, la France est la championne des grands travaux. Des équipements spectaculaires fleurissent dans tout le pays : grands stades dernier cri, chantiers de rénovation de dizaines d’universités, nouvelles prisons et hôpitaux.



Le Grand Stade de Lille, le 6 août 2012.
Le mode de financement du Grand stade, où Lille joue son premier match, n’est pas sans risque pour les collectivités locales.
Pour certains, le PPP, est le moteur du mal-investissement

Le PPP rend possible, grâce au racket opéré sur le contribuable, des investissements qui n'auraient pas vu le jour sans la subvention. Si ces investissements ne couvrent pas leurs coûts par les flux purement volontaires et privés qu'ils génèrent, c'est que la valeur qu'ils créent est insuffisante.

Le PPP créée une incitation, pour les entreprises privées, à privilégier des investissements PPP au lieu d'investissements purement privés. En effet, grâce à la subvention, si le partenaire privé se débrouille bien, il peut espérer, avec un investissement de 3,8 milliards, une génération de flux financiers qui auraient nécessité 4 ou 4,5 Mds d'investissement dans un projet non subventionné. Pourtant, le projet à 4 ou 4,5 Mds purement privé aurait au final eu une rentabilité incomparablement supérieure à celle du projet à 7,8 milliards tous coûts confondus.
Le PPP permet donc de donner tant au privé qu'à l'état l'illusion qu'ils réduisent leur facture en se faisant subventionner par leur partenaire. Il est donc un terrible instrument de génération de mal investissement.

Le contribuable perd non seulement le capital investi par l'état dans le PPP, et l'économie perd en plus la part privée de l'investissement qui aurait pu être investie dans des projets à l'intérêt économique, et donc sociétal, incomparablement supérieur.

*Rappelons qu'une activité économiquement rentable sans aide de l'état est une activité qui créée plus de valeur pour des clients qu'elle ne consomme de ressources pour des producteurs, elle est donc par nature incroyablement bénéfique d'un point de vue sociétal.
Contrairement à une activité non rentable qui est destructrice nette de valeur. Donc 1000 entreprises peu spectaculaires mais rentables ont une valeur économique très supérieure à un TGV ou un aéroport subventionnés, quoiqu'en disent les professionnels de l'aménagement bureaucratique du territoire.

Naturellement, les 5 ou 10 PME (ou moins) qui auraient vu le jour grâce au non prélèvement de quelques millions  destinés au financement d’un éclairage public communal, ou que sais-je encore sont moins spectaculaires que l'équipement public dont on parlera longtemps dans les journaux.
Mais il n'en reste pas moins que même si la presse bruisse des "fantastiques opportunités économiques" créées par la nouvelle infrastructure, celles ci seront toujours par nature inférieures économiquement à celles qui seraient nées de décisions purement privées.
C’est vrai que l’on n’est pas forcé à Hazebrouck de vouloir le développement des entreprises ! On peut préférer les spectacles.

Naturellement, tous les partenariats publics privés ne se valent pas dans l'aberration. Certains sont simplement mauvais, d'autres carrément catastrophiques.
Ceux qui induisent uniquement une subvention à l'investissement, mais qui au delà du versement initial, ne coûteront que les intérêts du remboursement de la dette ainsi souscrite au contribuable, sont les moins nocifs, quoique cumulés, l'encours de dette qu'ils auront généré n'en sera pas moins considérable.
Mais la plupart induisent, outre une prime initiale, une subvention plus ou moins déguisée au fonctionnement. Et là, le danger de disruption économique devient majeur, en ces temps d'incertitudes sur le financement de la dette publique.


Dans un article datant du 4 décembre 2012, le journal Marianne dénonce « le coût hallucinant des PPP » c’est-à-dire des Partenariats « Public-Privé ». Il y est précisé : « Les contrats en PPP (partenariat public-privé), signés à tour de bras par l’ancienne majorité présidentielle enthousiaste à l’idée de déléguer le financement, l’exploitation et la maintenance d’un équipement public à un opérateur privé, affolent les calculettes ».
Plus loin, dans le même article, il est écrit : « Mais voilà que la gauche est tentée de revoir cette copie ».  Et il est cité une déclaration de François Hollande à la revue l’Architecture d’aujourd’hui, en avril dernier : "Le PPP était à l’origine réservé à des procédures d’urgence. C’est devenu un outil qui favorise la vie à crédit et le surendettement. A ce titre, c’est déjà un système qui a dérapé.”

Contrairement à ce qu’on tente de nous faire croire, les partenariats public-privé (PPP) ne sont pas une panacée, un médicament miracle qui permettrait de solutionner tous les problèmes, partout et toujours. Plus particulièrement dans le cas des municipalités, les PPP n’offrent pas de solution magique au réel problème de financement de leurs infrastructures.
C’était  le Canard Enchaîné du 11 janvier 2012 qui avait soulevé ce sujet dans un papier intitulé « Tronche de dette », qui mériterait une enquête plus approfondie. Le souci de limiter l’endettement de l’Etat a multiplié ses partenariats, qui ne vont sans doute pas dans le sens de l’intérêt général. 

Le Parisien, en date du 9 janvier 2012 précise que ces contrats représentent « une bombe à retardement », qui coûtera « 60 milliards d’ici à 2020 »


Jérôme  Cahuzac, actuel ministre du budget et PS, affirme  que « Prison, hôpital, voirie, stade... Quand c'est construit par le privé, cela revient plus cher au contribuable, « sur le long terme » , dans une déclaration à l'hebdomadaire Acteurs Publics.

Vrai. La formule présente quelques avantages non négligeables.

Effet anesthésiant
Le premier danger, c'est de se laisser aller à la dépense car il n'y a pas de choc de l'investissement. « La collectivité ne supporte pas directement sur son budget les dépenses d'investissement, et n'a pas à contracter elle-même les emprunts nécessaires », explique le président de la Chambre régionale des comptes des Pays-de-Loire, Louis Vallernaud. Attention à "l'effet anesthésiant" du PPP, qui peut du coup pousser un peu plus à la dépense, car sur 20 ou 30 ans c'est relativement indolore.
Mais l'inconvénient principal d'un PPP, c'est qu'au final, il revient plus cher. Beaucoup plus cher.
Alors, comme le dit le ministre du Budget Jérôme Cahuzac, après avoir eu le vent en poupe, ces partenariats public-privé pourraient bien avoir «le vent dans le nez."

La Cour des comptes est en train de finaliser un rapport sur ces PPP : un rapport qui s'annonce au vitriol. 

A vous donc de vous forger votre propre opinion et ne pas vous contenter de tout prendre pour argent comptant.





lundi 10 décembre 2012

Le bénévolat et la pauvreté

Dans La Voix du Nord du 7 décembre 2012, un article du courrier des lecteurs a attiré particulièrement mon attention, il s’intitulait « Bénévolat ». L’auteur de cet article pointe du doigt un état de fait récurent. Chaque année, à l’approche des grands froids, les médias mettent en avant l’activité des bénévoles, la banque alimentaire, les restos du cœur, le secours catholique etc. (Pardon pour les oublis).
 « Mais n’y a-t-il pas quelque chose de cynique et d’anormal à ce que la classe politique et économique dirigeant ce pays s’appuie sur le bénévolat des bonnes âmes de notre société ?» poursuivait-il.

 La Conférence nationale de lutte contre la pauvreté va commencer et va-t-elle changer quelque chose ? 
Les chiffres, dit-on, parlent d'eux-mêmes. Celui des 9 millions de pauvres est le pire depuis la crise pétrolière des années 74. Triste record pour la France qui est pourtant un pays riche et qui le cumule logiquement avec celui du chômage en explosion. Un enfant sur 5 est pauvre. 

  Comment en est-on arrivé là ?
Sans doute parce que personne n'a estimé qu'il s'agissait là d'un enjeu important. Certains ont pensé que le « progrès économique », comme on disait alors, ferait disparaître tout seul les îlots de pauvreté résiduelle: la croissance importait plus que tout. Quant aux libéraux, la lente réduction des taux de pauvreté les a convaincus que « quand on veut vraiment s'en sortir, on le peut », et la compassion à l'égard des pauvres a cédé peu à peu la place à la suspicion, voire à l'accusation, tandis qu'était remise au goût du jour la vieille maxime de Guizot: « Enrichissez-vous par le travail et l'épargne. » 

Au fond, notre société a pris son parti de la pauvreté même si l’opinion –qui a bon cœur- s’émeut de l’insuffisance des hébergements d'urgence ou de la faim qui menace les personnes dépourvues de tout. Mais cette image - spectaculaire - est en réalité l'arbre qui cache la forêt. 

 Ce n'est pas seulement de nourriture que manque la quasi-totalité des 9 millions de personnes en situation de pauvreté monétaire, mais de confiance en l'avenir, de formation, de stabilité, d'emploi, de liens sociaux… Si le logement est un problème pour beaucoup, c'est bien plus souvent parce qu'il est surpeuplé, dégradé ou loin de tout, que parce qu'il n'existe pas. 
Les pauvres ont été longtemps utiles à la société, parce qu'ils travaillaient pour pas cher: la question sociale était aussi une question économique. Ce n'est plus le cas aujourd'hui: les pauvres sont ceux qui sont exclus de l'emploi convenable, voire de l'emploi tout court. Ils ne sont plus « utiles au monde ». 

La société s'achète une bonne conscience en leur versant plus ou moins chichement quelques aides sociales, et plus personne n'en parle ou presque. Mais la question sociale est en train de faire retour sur la scène économique, parce que notre société vieillit. Et qu'elle a besoin de plus de travailleurs et de travailleurs mieux formés pour financer les charges sociales que ce vieillissement engendre inévitablement. Les pauvres sont la réserve de « force de travail » dans laquelle nous pouvons puiser. A condition, bien entendu, qu'ils retrouvent l'employabilité qu'on leur conteste. La société tout entière a de nouveau besoin des pauvres, et il lui faut investir dans cette « réserve » d'intelligence et d'énergie qu'elle a laissée en friche. Par solidarité? Bien sûr: il importe de reconnaître la dignité des personnes en difficulté, de leur faire une place, et une place convenable, dans le jeu social. Mais pas seulement par solidarité. La société tout entière a besoin que tout le monde retrousse ses manches pour faire face aux défis de l'avenir. 

De quelle manière ? 
Pour réduire significativement la pauvreté, les experts et responsables associatifs préconisent d’administrer à la France un « choc de solidarité », à l’image du crédit d’impôt de 20 milliards d’euros voté dernièrement pour renforcer la compétitivité des entreprises. Chaque nouveau réglage des outils de lutte contre l’exclusion, tout aussi nécessaire et urgent qu’il soit, entraîne son lot de dépenses, et autant de casse-têtes à l’État pour trouver les financements. 
 Les solutions pour endiguer ce tsunami social existent et les associations font d'ailleurs assaut de propositions en prévision de la grande conférence nationale de lutte contre la pauvreté. Faire en sorte que tout bénéficiaire potentiel du Revenu de solidarité active touche effectivement l’aide à laquelle il a le droit ? Revaloriser le montant de ce même RSA sans oublier qu’actuellement la moitié de ceux qui y ont droit ne le demande même pas tellement c’est complexe et chicanier… 
Rendre accessible la couverture maladie universelle complémentaire (CMUc) à tous les pauvres ? 
 Créer des places en crèche -dont une partie réservée aux enfants modestes, des places supplémentaires en hébergement d’urgence dès 2013, revoir le fichier des endettés, et surtout nécessité de fournir des toits pour les sans abris et les mal logés. Vœu pieux depuis des années. 
Le logement, en particulier le logement d'urgence, reste le scandale français. 

L'urgence hivernale s'imposant, la ministre de l'écologie sort du bois. À chacun son bâton. À Montebourg la nationalisation, à elle la réquisition. Et voilà Duflot en croisade contre les cathos, accusés de garder des bâtiments vides. Entassera-t-elle les pauvres d'office à l'église ? Caricature sans doute car, pour être juste, la ministre pointe aussi les banques, assurances et autres organismes. Pas sûr que la menace de réquisition allège la pression, mais elle donne au débat politique une autre tournure. 

La lutte contre la pauvreté n'est plus seulement affaire d'aumônes, de gestes charitables, individuels ou collectifs, si précieux soient-ils à l'occasion. Elle relève désormais d'une politique publique réellement opérationnelle. À chaque ministère, sa feuille de route pauvreté, pour tenter d'enrayer la gangrène. Un pacte de solidarité, à côté du pacte de compétitivité. 

 Même à l’échelle de notre commune, des économies sont possibles et, SVP, arrêtons ces dépenses somptuaires pour que les populations à venir puissent lire le nom des décideurs sur les murs de la ville. 

Nous sommes tous concernés.

samedi 1 décembre 2012

La politique et l’exclusion

Quelle pagaille ! Jusqu’à présent, ce qui nous faisait rire ce sont les monumentales erreurs des socialistes et il y en a eu plus d’une !!! Maintenant nous avons atteint l’échelon supérieur, c’est l’UMP avec ses deux chefs de bandes. Pendant ce temps-là, il y a les Français qui rient jaune en se répétant « la politique, c’est pourri » et « Ce sont des gaillards comme ça qui doivent nous sortir de la crise ! » Le problème est que l’on doit trouver rapidement un bon gestionnaire, un bon comptable des deniers publics et ça c’est une autre histoire ! Au niveau de la région, ce n’est pas mieux. Un programme chargé est prévu pour la fin de l’année comme si tout le monde avait le cœur et les moyens d’y participer. La misère est partout présente et les enfants en font les frais en premier. Les adultes ont leur grand stade ou leur Louvre-Lens ou leur marché de Noël.
Le grand stade : A peine inauguré, le grand stade nous fait dépenser de l’argent : 150 000 euros ! Rien que pour la pelouse qui ne tient pas à cause, parait-il, d’un manque de lumière. Après seulement 10 matchs… et ça continuera ainsi. De qui se moque-t-on sachant que ce sont nos impôts locaux qui paient cette gabegie ?
Le Louvre-Lens : Un bâtiment de 28 000 m2 a été construit sur 20 hectares. Tout ceci financé par : l’Europe : 30 000 000 euros (20%), l’État : 5 750 000 euros (4%), la Région : 88 250 000 euros (59%), le Département : 9 500 000 euros (6%), les Agglomérations et villes 9 500 000 euros (6%), le Mécénat : 7 000 000 euros (5%). Total : 150 000 000 euros. Le Budget de fonctionnement est estimé à 15 millions d’euros. Et qui finance tout ça ? Nos impôts ! Impôts locaux, impôts à l’état etc.
Au niveau de la commune d’Hazebrouck, c’est pareil avec la mise en place d’un programme de construction : Pôle musique, nouveau cinéma et ce n’est pas fini ! Pour terminer, un programme festif est prévu pour les fêtes de fin d’année avec marché de Noël, patinoire, feu d’artifice etc. Pendant ce temps-là, la crise économique perdure et les conséquences sont dramatiques pour les plus faibles. Plus de 8,6 millions de Français vivent en-dessous du seuil de pauvreté c’est-à-dire : travailleurs pauvres, jeunes au chômage, retraités, parents isolés avec enfants. Pendant ce temps-là, Emmaüs et les restos du cœur, le secours catholique et toutes les autres associations caritatives font le plein. Pendant ce temps-là aussi, bien des gens n’ont plus les moyens de se faire soigner parce que les médicaments sont déremboursés de plus en plus, certains spécialistes sont hors d’atteinte parce que leurs honoraires sont en secteur 2, idem pour les lunettes et les soins du dentiste. Alors, bonnes fêtes de Noël !

dimanche 25 novembre 2012

NotreDame des Landes et Hazebrouck : même combat !



C’est vrai qu’il y a des points communs entre les deux !

Je vais préciser : à Hazebrouck, existe encore un petit square qui porte le nom du premier maire socialiste de la ville sur un  terrain acheté autrefois par l’abbé Lemire qui a tant fait pour la commune, le monde ouvrier en général et que s’est-il passé ?

 C’est un maire socialiste qui, aussitôt élu, s’est dépêché de le vendre à la CCI grand Lille pour en faire des bureaux ! Même le parti d’opposition a voté dans le même sens et sans même savoir de quoi il retournait exactement.

A partir du  moment où l’on donne comme prétexte la reprise des affaires, tous les élus votent comme un seul homme ! Quand on sait le peu d’attention accordée aux simples conseillers du pouvoir en place qui découvrent pratiquement le sujet le jour du conseil municipal, on se dit qu’on est gouverné par des innocents. Dans le cas du square, il était inutile de le supprimer puisqu’il  y avait pas mal de bâtisses inoccupées dans les alentours. De plus, la CCI est déjà présente au centre Directionnel à Hazebrouck !

Et Notre-Dame des Landes ?

Notre Dame des Landes : des nouvelles du front, la résistance continue...


Ce petit bourg dans le pays nantais  a conservé depuis l'origine un caractère rural et une économie dominée par l'agriculture et l'élevage.

L'implantation de l'aéroport du Grand Ouest au sud du bourg est envisagée depuis le milieu des années 1960. Le 15 octobre 2003, le gouvernement a donné son accord au lancement des études en vue de la procédure de déclaration d'utilité publique de cet aéroport. Le décret d'utilité publique relatif à la réalisation du projet d'aéroport du Grand Ouest a été publié au Journal officiel du 10 février 2008.

Ce projet est soutenu par certains élus et groupes politiques influents comme le Parti socialiste et l'UMP  et par des groupements d'intérêt économique, qui y voient un levier de développement pour l'économie de la région ; mais il fait aussi l'objet de vives contestations émanant de nombreux citoyens, élus locaux, d'un syndicat d'agriculteurs (Confédération paysanne), associations de défense de l'environnement  et de groupes politiques (Verts, MoDem, Parti de gauche), qui estiment notamment qu'il est contraire aux objectifs du Grenelle de l'environnement de favoriser le développement du transport aérien. Ce projet est une aberration économique, sociale et environnementale.

Situé à 18 km du centre de Nantes, il ne résoudrait pas les problèmes que pose à la ville l'actuel aéroport. Il les déplacerait seulement. Il infligerait des nuisances graves à plus de 80 000 habitants des communes de la banlieue nord de Nantes. Les diverses structures de raccordement qui lui seraient nécessaires (routes, voies ferrées, pont sur la Loire) causeraient également des problèmes (expropriations) et des nuisances  à des milliers d'autres personnes.

Le coût colossal de cette infrastructure pèserait sur les impôts des habitants de tout le département et entraînerait des réductions de budget dans d'autres domaines tels l'éducation et la santé.

Avec un trafic pouvant aller jusqu'à 9 millions de passagers, cet aéroport augmenterait considérablement les émissions de gaz effet de serre, alors même que le gouvernement proclame son intention de les réduire.

Contrairement  ce qu'affirment ses partisans, cet aéroport ne serait pas « bon pour l'emploi», il créerait l'outil permettant aux entreprises de délocaliser et détruirait les emplois existants. Il permettrait aussi  VINCI qui fera les infrastructures de gagner beaucoup d’argent voire d’en redistribuer.

Avec des avions  à deux minutes de vol du site Seveso (risques chimiques importants) de Donges, cet aéroport ferait courir à toute la région un risque tel que, bien que la probabilité en soit faible, il serait criminel de la négliger.

Dans les deux cas, on trouve aussi des « écolos » qui s’accommodent de la situation !
« Écolos-collabos, il est temps de démissionner ! » a-t-on entendu à ND des Landes, la même chose à Hazebrouck en 2010 où il y a eu un vaste mouvement de contestation avec réunion, pétitions etc.

Bien sûr, à propos du petit square je ne parle pas du rôle du végétal vis-à-vis de la qualité de la vie, d’un petit  endroit où il fait bon faire une pose, de la biodiversité, et de microclimat, tous ces éléments dont on nous rabâche les oreilles mais dont on ne tient absolument pas compte dans certains cas !

Mais peut-être que nos « élites dirigeantes » aussi bien au gouvernement Ayrault que dans notre petite ville sont en capacité de réfléchir et bien sûr de revenir en arrière.
Le square Heckel à Hazebrouck